L’édito de la Newsletter du 2e trimestre 2012

Mai 2012

Chers lecteurs,

Ces derniers mois ont été intenses pour les militants de la souveraineté alimentaire, tant en termes de victoires que d’obstacles !

A commencer par Combat Monsanto… En décembre 2011, nous vous alertions sur les difficultés de notre association dans ce contexte de crise économique et démocratique. Trois mois et deux cent contributions plus tard, nous revoici à flot pour l’année 2012, grâce à votre extraordinaire mobilisation ! Toute l’équipe de Combat Monsanto vous remercie pour ce soutien fabuleux !

Continuons sur les bonnes nouvelles : ce début d’année a vu la victoire de deux agriculteurs français face au géant Monsanto. Tout d’abord Paul François a gagné en premier instance son procès pour intoxication au lasso contre Monsanto. Puis Jacques Maret, administrateur de Combat Monsanto, a réussi aux côtés de Générations Futures à démontrer devant le Conseil d’Etat que l’évaluation du Round Up Express (utilisé par les jardinier amateurs ) avait été bâclée : la cour a ordonné sa réévaluation. Il est essentiel de célébrer ces avancées, résultats d’une résistance tenace depuis plus de 20 ans aux OGM et à leurs pesticides associés, car les défis à venir ne manquent pas !

Suite au procès de Monsanto contre l’Etat français, le moratoire sur le maïs MON810 a été levé, provoquant des mobilisations de masse par les apiculteurs, les agriculteurs et les militants de la souveraineté alimentaire. Le gouvernement a fini par adopter un arrêté interdisant la mise en culture du MON810, mais qui s’avère tardif et juridiquement fragile : le retour des OGM en France en 2012 n’est donc pas exclu.

Dans le même temps, la loi dite « COV » entérine le verrouillage juridique autour des semences, entraînant leur privatisation scandaleuse . Ce texte législatif étend à 21 espèces l’obligation pour les agriculteurs de payer aux semenciers une taxe au nom évocateur de « Contribution Volontaire Obligatoire ». Pour les autres espèces, il est interdit aux agriculteurs de ressemer une partie de leur récolte, sous peine d’être considérés comme contrefacteurs, c’est-à-dire comme délinquants.

Comment expliquer ce retour des OGM alors que 65% des français s’y déclarent réticents et que l’initiative citoyenne pour demander un moratoire européen a rassemblé plus d’1 millions de signatures ? Comment dans un contexte de crise économique, écologique et démocratique globale peut-on décider de telles atteintes à l’autonomie de nos agriculteurs, pourtant cruciale pour la souveraineté alimentaire ?

Les travaux de Combat Monsanto sur les conflits d’intérêts et le récent rapport de notre partenaire Corporate Europe Observatory (CEO) donnent un élément de réponse. La décision publique reste prise en otage par des intérêts privés, à travers des méthodes de lobbying agressives incluant conflits d’intérêts, pantouflages, et infiltration de la recherche publique.

Combat Monsanto réclame avec de nombreuses associations un réel encadrement du lobbying et des mesures de transparences effectives permettant à chaque citoyen de reprendre le contrôle de son alimentation !

Merci pour votre fidélité !

L’équipe de Combat Monsanto