Céréalier victime du Lasso : une procédure au long cours contre Monsanto

La procédure contre Monsanto de Paul François, un céréalier de Charente intoxiqué par un herbicide produit par le groupe chimique américain, pourrait durer encore "plusieurs années", selon l’agriculteur.

L’assignation de l’agriculteur, en date du 26 avril 2007, soit juste avant
le troisième anniversaire de son accident, le 27 avril 2004, vise à faire
"reconnaître la responsabilité de Monsanto dans les déboires de M. Paul
François", explique son avocat, Me François Lafforgue.

L’agriculteur reproche au groupe américain, selon l’avocat, le "non-respect
de renseignement sur la dangerosité du produit, sur les précautions à utiliser
et le non-respect d’une obligation de prudence pour avoir mis mis sur le
marché un produit dangereux".

La procédure est au stade des échanges d’écritures entre les deux parties
avec des audiences relais dont la prochaine aura lieu le 27 avril devant la
chambre civile du TGI de Lyon.

Dans une procédure distincte, Paul François a obtenu de la justice que ses
soucis de santé soient considérés comme une maladie professionnelle, en lien
avec l’inhalation du Lasso, par une décision du tribunal des affaires de
sécurité sociale (TASS) d’Angoulême de novembre 2008, confirmée par la chambre
sociale de la cour d’appel de Bordeaux en janvier 2010, rappelle son avocat.

"Dans la procédure contre Monsanto, on va se prévaloir de la reconnaissance
du lien entre le produit et la maladie de Paul François", explique-t-il.
Selon le céréalier charentais, la procédure devrait durer encore "plusieurs
années" mais il se dit prêt à continuer tant que sa santé le lui permet.
Le groupe Monsanto et son avocat, sollicités mercredi et jeudi par l’AFP,
n’ont pas fait de commentaire.

Le 4 novembre 2008, dans un communiqué, le groupe avait indiqué que "Lasso
a été retiré du marché français le 28 avril 2007 du fait de la
non-réautorisation de la substance active au niveau européen".

"Depuis plus de 40 ans, Lasso est utilisé sur des millions d’hectares et
par des millions d’utilisateurs dans plusieurs dizaines de pays sans incident
sanitaire recensé", avait-il également indiqué.

Source : Romandie News, le 23 avril 2010