Relaxe pour les militants anti-OGM ayant envahi le site Monsanto de Trèbes

CARCASSONNE (AFP) — Le tribunal correctionnel de Carcassonne a relaxé mercredi l’ensemble des militants anti-OGM, parmi lesquels José Bové, poursuivis pour entrave à l’exercice de la liberté du travail après avoir envahi le site du semencier Monsanto, à Trèbes (Aude) le 13 avril 2006.

A l’audience, le 2 juillet dernier, le procureur de la République, Francis Battut, avait requis une amende de 3.000 euros, "dont une grande partie avec sursis" contre les 30 prévenus et comparants volontaires, au sein desquels se trouvait le leader altermondialiste José Bové, absent à la lecture du délibéré.

José Bové et quatre autres militants anti-OGM avaient comparu pour entrave à l’exercice de la liberté du travail avec voies de fait et dégradations, mais 25 autres personnes ayant participé à l’action s’étaient présentées à l’audience comme "comparants volontaires" et avaient obtenu d’être également jugées.

Le 13 avril 2006, une centaine de membres de la Confédération paysanne, des Faucheurs volontaires et de Greenpeace avaient pénétré dans l’usine de Trèbes, près de Carcassonne, en forçant des portes ou escaladant des grillages pour entrer dans les hangars et y rechercher des semences transgéniques.

La décision de relaxe a été accueillie par des applaudissements de la quinzaine de militants anti-OGM présents à la sortie de la salle du tribunal.

José Bové, interrogé par téléphone, s’est déclaré "très satisfait de la décision", car "si le tribunal avait donné suite c’est tout le mouvement social qui se retrouvait dans une situation extrêmement difficile".

"C’est un délibéré qui nous satisfait car les prévenus sont des lanceurs d’alerte et non des délinquants", a déclaré, Me Nicolas Gallon, défenseur des militants sur les marches du palais.

Le collaborateur de Me François Roux —avocat habituel de José Bové et des Faucheurs Volontaires— a évoqué "une certaine surprise", au vu des peines de jours-amende prononcées le 4 septembre à Toulouse contre une quarantaine de Faucheurs volontaires dont José Bové.

José Bové, poursuivi pour un arrachage de maïs transgénique en juillet 2006 à l’ouest de Toulouse, avait écopé de 180 jours-amende à 100 euros, soit 18.000 euros, quatre autres prévenus de 120 jours-amende de même montant, les autres étant condamnés à des peines d’un à deux mois avec sursis. Ils ont récemment annoncé qu’ils ne feraient pas appel.

A Trèbes "il n’y a pas eu fauchage ni véritable dégradation", a soutenu Michel David, secrétaire départemental de la Confédération paysanne, pour qui "le résultat à Carcassonne est cohérent même s’il est un peu en contradiction avec les réquisitions", déjà modestes.

L’avocat de Monsanto, Me Benoît Joly, s’est refusé à toute déclaration, le semencier se réservant la possibilité de réagir lui-même.

José Bové et les anti-OGM sont sous la menace d’une autre décision judiciaire. Le tribunal de Bordeaux rendra son délibéré le 22 octobre concernant José Bové et 11 autres faucheurs volontaires pour une autre action sur une exploitation de Gironde en 2006. Huit mois de prison ferme et quatre ans de privation des droits civiques, civils et familiaux ont été requis à l’encontre du leader altermondialiste.

Réaction agacée de Monsanto à la décision trouvée sur un autre site :

Relaxe des militants anti-OGM : "incompréhension et exaspération" de Monsanto

PARIS - Monsanto a exprimé mercredi "son incompréhension et son exaspération" après la relaxe dont ont bénéficié les militants anti-OGM poursuivis pour avoir envahi un site du semencier dans l’Aude, en 2006.

Alors que les faits jugés sont "particulièrement violents et clairement délictueux, Monsanto tient à exprimer son incompréhension et son exaspération devant la décision rendue" mercredi par le tribunal correctionnel de Carcassonne, selon un communiqué de la société.

"La relaxe prononcée revient à nier toute action délictueuse et tout préjudice pour Monsanto et ses collaborateurs", a déclaré Laurent Martel, directeur de Monsanto France, dont les propos sont repris dans le communiqué.

"Devant une telle impunité", Monsanto se demande "jusqu’où les activistes anti-OGM auront-ils le droit d’aller avant d’être sanctionnés pour des actes qui enfreignent la loi ?"

"La France est aujourd’hui une zone de non-droit pour les auteurs d’actes de violence et de vandalisme menés par les opposants aux biotechnologies", a ajouté M. Martel.

Le tribunal correctionnel de Carcassonne a relaxé mercredi l’ensemble des militants anti-OGM, parmi lesquels José Bové, poursuivis pour entrave à l’exercice de la liberté du travail après avoir envahi le site du semencier Monsanto, à Trèbes (Aude) le 13 avril 2006.

Le 22 octobre 2008.