Marie Monique Robin répond aux accusations calomnieuses de l’AFIS

La calomnie et la désinformation

Des internautes vigilants m’ont signalé un article mis en ligne sur le site de l’Association française pour l’information scientifique (AFIS) qui « se donne pour but de promouvoir la science contre ceux qui nient ses valeurs culturelles, la détournent vers des œuvres malfaisantes ou encore usent de son nom pour couvrir des entreprises charlatanesques »...

À dire vrai, cela ne m’a pas étonnée, car cette association est connue pour ses prises de position scientistes pures et dures et son soutien sans faille à l’establishment scientifique, dont elle estime que la parole et les travaux ne sauraient être questionnés par des citoyens aussi ignares qu’impies parce que non scientifiques. C’est précisément au nom de cette science « au-dessus de la mêlée » et qui n’a de compte à rendre à personne, qu’ont pu avoir lieu les grands scandales sanitaires des vingt dernières années : affaire du sang contaminé, crise de la vache folle, drame de l’hormone de croissance, ou désastre criminel de l’amiante.

Concernant ce dernier dossier, je voudrais rapporter une anecdote à laquelle je n’ai cessé de repenser au fur et à mesure que s’allongeait la liste des victimes de l’amiante : au milieu des années 1980, journaliste fraîche émoulue, j’ai travaillé régulièrement pour une agence de presse institutionnelle qui réalisait notamment le journal d’entreprise d’Everite, une filiale de Saint Gobain, spécialisée dans la production d’ardoises et de tôles en fibrociment.
À plusieurs reprises, je me suis rendue dans ses usines, situées à Dammarie-les-Lys et à Descartes, où j’étais censée témoigner des mesures de sécurité mises en place par Saint Gobain pour protéger ses ouvriers des méfaits (mortels) de l’amiante.
Je me souviens d‘une interview que j’avais réalisée d’un responsable scientifique du Comité permament amiante (CPA) qui m’avait doctement expliqué que si la concentration en fibres d’amiante par mètre cube d’air ne dépassait pas un certain seuil, alors l’exposition était sans risque. Il donnait pour preuve des études scientifiques « au-dessus de tout soupçon » que, bien sûr, je m’étais empressée de citer dans mon article...
Comment imaginer les mensonges et manipulations qui allaient conduire à l’un des plus grands scandales sanitaires que la France ait jamais connus ?

On sait, aujourd’hui, que le CPA était sous la coupe de Saint Gobain qui a caché les effets hautement cancérigènes de l’amiante, connus depuis le début du XXème siècle. Pire : cette omerta criminelle a été couverte par des scientifiques recrutés par le CPA pour lui « fournir une caution scientifique incontestable » , selon les termes d’un rapport rédigé par le sénat.

Après l’interdiction définitive de l’usage de l’amiante, en 1996, des ouvriers malades de Dammarie-les-Lys et de Descartes ont porté plainte contre Saint Gobain, à l’instar de milliers de victimes un peu partout en France...

De cette expérience j’ai gardé une méfiance par rapport à la parole officielle des scientifiques surtout quand elle est liée aux intérêts des industriels, et un attachement indéfectible au principe de précaution, n’en déplaise à nos amis de l’AFIS...

Revenons au site de l’AFIS, justement, qui vient donc de mettre en ligne un article intitulé sobrement « Le monde selon Monsanto. Un film de Marie-Monique Robin ».

L’avant-propos est signé par Michel Naud, un « ingénieur et chef d’entreprise », président de l’AFIS, qui se présente comme un « rationaliste scientifique.

Je note que pour lancer leur « mise en garde » contre ce que Michel Naud appelle les « contrevérités et les approximations relayées sans esprit critique » par mon enquête sur Monsanto, les auteurs de l’AFIS n’ont rien trouvé de mieux que d’avoir recours à la calomnie et à la désinformation.

Parmi les quelque deux cents reportages et documentaires que j’ai réalisés pour la télévision, ils en ont retenu deux qui leur semblaient devoir jeter le discrédit sur mon travail.

Le premier, dont je suis très fière, concerne un documentaire que j’ai réalisé en 1994 pour M6 et Planète Câble sur le trafic d’organes en Amérique du Sud. Intitulé « Voleurs d’organes » (version longue) ou « Voleurs d’yeux » (version courte) , il a été diffusé dans une trentaine de pays et m’a valu cinq prix internationaux, dont le prix Albert Londres, et une ... campagne de diffamation, orchestrée par l’USIA – United State Information Agency- une agence gouvernementale américaine, spécialisée dans ce qu’elle appelle la « white propaganda » (« propagande blanche », à la différence de la « black propaganda » de la CIA, dont l’USIA est proche).

Il m’est impossible de relater ici tous les dessous de cette incroyable affaire et je renvoie les curieux à mon livre « Voleurs d’organes. Enquête sur un trafic » que j’ai publié aux Editions Bayard.

Je me contenterai de résumer les informations importantes que Michel Naud semble ignorer. Après la projection de mon film à la Commission permanente des droits de l’homme de l’ONU, un certain Todd Leventhal de l’USIA a commencé à propager la rumeur que j’étais « membre du KGB » (en 1995 !) , puis que j’avais payé les témoins de mon film.
Au coeur de cette campagne de diffamation se trouvait le témoignage d’une mère colombienne qui affirmait qu’on avait volé les cornées à son fils Jaison que j’ai rencontré dans un institut pour enfants aveugles de Bogota.

Face à ces accusations graves, le jury du prix Albert Londres décida de suspendre mon prix, pour vérifier le sérieux de mon enquête, ce qui fit la une des journaux.

Après vérification, il me rendit le prix, le 20 mars 1996, en soulignant qu’il « n’avait décelé aucune intention frauduleuse chez la réalisatrice, même si son reportage n’apporte pas les preuves irréfutables de ce qu’elle avance dans le cas précis de l’enfant Jaison Cruz Vargas ».

Le jury, qui me lavait du soupçon infâmant de bidonnage, ne pouvait, cependant, pas écrire autre chose : dans l’affaire du petit Jaison ( qui ne représente que cinq minutes sur un documentaire de 57 minutes), j’ai toujours su qu’il n’y aurait jamais de preuves irréfutables du crime que dénonçait sa mère, tout simplement parce que cette femme démunie d’un bidonville n’avait pas eu les moyens d’intenter un procès au moment des faits (dix ans plus tôt) et que sa parole ne faisait pas le poids face au puissant lobby des mandarins.

De fait, elle subit des pressions monstrueuses, d’abord pour se rétracter, puis pour accepter que son fils soit examiné par des médecins à Paris.

Le voyage fut organisé, en août 1995, par la clinique du Pr. José Barraquer, haut lieu des greffes de cornées internationales à Bogota, et le gouvernement colombien, alors dénoncé par Amnesty International pour son inertie face aux nombreuses violations de droits de l’homme commises dans le pays.

Le 18 septembre 1995, Me Pernet, l’avocat de l’ambassade de Colombie, rendait public le rapport du trio de médecins censé avoir examiné Jaison. Mais comme le révèle ledit rapport, il n’y eut jamais d’ « examen », mais la seule interprétation d’un dossier médical fourni par la clinique Barraquer...

En fait, l’examen était impossible, car, comme le souligneront des médecins courageux qui ont publié un contre-rapport, il avait été posé des prothèses oculaires à Jaison, peu avant son voyage à Paris, ce qui avait nécessité de « nettoyer ses cavités oculaires » rendant impossible tout examen...

En attendant, j’ai attaqué en diffamation Me Pernet ainsi que José Mackenzie, un journaliste colombien, qui m’avaient accusé de « bidonnage ».
Pour leur défense, ils ont produit le fameux rapport, qui ne leur fut pas d’un grand secours, puiqu’ils ont été tous les deux condamnés pour diffamation. Au même moment, le Pr. Barraquer était débouté de l’action qu’il avait intentée contre moi et mon producteur, l’agence CAPA, pour « préjudice commercial » (sic) , il a poursuivi jusqu’en cassation, mais en vain...

J’ajoute qu’après cette affaire qui a bouleversé ma vie, je n’ai pas pu retourner en Colombie pendant dix ans, car , comme l’a expliqué un représentant du Quai d’Orsay à Hervé Chabalier, le patron de l’agence CAPA, des « contrats » avaient été placés sur ma tête, ce qui prouve que j’avais mis le doigt sur un sujet hautement dérangeant...

Enfin, je tiens à souligner, que contrairement aux affirmations de Michel Naud, le vol d’organes n’est pas une « légende urbaine ». L’arrestation récente au Népal (7 février 2008) du médecin indien Amit Kumar, accusé de diriger depuis des années un réseau de trafic de reins, et poursuivi pour « transplantation illégale de reins, escroquerie et complot criminel », est une preuve qui s’ajoute aux multiples révélations qui ont suivi la diffusion de mon documentaire.
Il est sûr, en revanche, que si ce trafic honteux a pu se développer en toute impunité, c’est notamment grâce au déni têtu d’un certain nombre de médecins qui ont découragé toutes les tentatives d’enquête sérieuse...

Michel Kuntz vole au secours de Monsanto

Le deuxième documentaire que cite Michel Naud, apparemment pour me discréditer, était intitulé « La science face au paranormal » et fut diffusé, effectivement, d’abord sur Canal +, puis sur ARTE, en 2004.
Il s’intéressait aux expériences menées sur les phénomènes dits de « perception extra-sensorielle » par des scientifiques de l’Université de Edimbourg (Ecosse) et des Etats Unis, où les parapsychologues sont regroupés au sein d’une association qui fait partie de l’American Association for the Advancement of Science, l’AAAS, laquelle coiffe toutes les disciplines scientifiques américaines et édite le célèbre magazine Science.

Je rappelle, au passage, que la France est l’un des rares pays occidentaux à ne pas mener d’étude dans ce domaine, ce qui ne rend pas moins légitime d’aller voir ce qu’il se passe ailleurs...
De mon enquête, j’ai conçu un beau livre, avec le psychologue Mario Varvoglis, publié aux Editions du Chêne, et ainsi présenté par le magazine Science et Vie : « Un fascinant périple qui invite à transcender la séparation opérée par la pensée occidentale entre esprit et matière »... De quoi faire monter au rideau, nos amis de l’AFIS...

Après l’introduction malhonnête de Michel Naud, le papier principal est signé par Marcel Kuntz, un « biologiste, directeur de recherche au CNRS ».

En consultant le site de l’AFIS, je suis tombée sur l’une de ses contributions fort intéressantes, où il vole au secours de Monsanto, dans l’affaire du maïs MON 863 que j’ai déjà évoquée sur mon blog .

J’invite le lecteur à comparer les deux versions de ce cas d’école, et je me contente de souligner les étranges oublis du scientifique : en effet, à aucun moment il ne signale qu’il a fallu une décision du tribunal de Munich, le 9 juin 2005, pour que les fameuses 1139 pages du dossier technique de Monsanto soient rendues publiques, la firme s’y opposant au nom du « secret commercial » !
De quoi avait-elle donc peur ? Et bien que l’on découvre que les anomalies observées sur les rats nourris avec son maïs transgénique étaient bien plus importantes que ce que révélait l’examen du résumé de données qu’elle avait fourni aux autorités européennes.

D’ailleurs, deuxième « oubli », la Communauté européenne a finalement décidé d’enterrer subrepticement la culture de ce maïs encombrant ...

Le verbiage scientifique

J’en viens maintenant à la démonstration censée éclairer le lecteur sur les « arguments scientifiques maltraités » dans mon documentaire. Je note que loin de se baser sur les éléments présentés dans mon enquête, celle-ci distord le récit pour lui faire dire ce qu’il n’a jamais dit : à savoir des généralités sur les biotechnologies.

Pour les lecteurs, qui n’ont pas vu le film, je rappelle qu’il raconte le passé de chimiste de Monsanto à travers quatre produits très controversés : les PCB, l’agent orange, l’hormone de croissance laitière et le roundup, ainsi que l’histoire du premier OGM autorisé dans les champs : le soja dit « roundup ready ».
Cet intérêt est d’autant plus légitime que 90% des OGM aujourd’hui cultivés dans le monde appartiennent à Monsanto et que le soja roundup ready représente la plante transgénique la plus cultivée au monde. De plus, son autorisation de mise sur le marché en 1995 a ouvert la voie aux autres OGM cultivés.

- Concernant le L-Tryptophan :
Sur ce point le verbiage scientifique utilisé par Kuntz occulte l’une des révélations clés de mon enquête, à savoir, que les auteurs de la directive sur les OGM, publiée le 29 mai 1992, par la Food and Drug Administration, mentent quand ils écrivent :
« L’agence n’a jamais reçu d’information qui montre que les aliments dérivés des nouvelles méthodes diffèrent des autres aliments d’une manière significative ou uniforme, ni que, en tant que catégorie, les aliments dérivés des nouvelles techniques soient l’objet de préoccupations différentes ou plus grandes concernant leur sécurité que ceux développés par le croisement traditionnel »...

Six mois plus tôt, en effet, James Maryanski, le coordinateur des biotechnologies au sein de la FDA, qui encadra la rédaction de la directive, écrivait dans un document aujourd’hui déclassifié :
« Nous ne savons pas quelle est la cause de l’EMS mais nous ne pouvons pas exclure l’hypothèse qu’elle soit due à la manipulation de l’organisme ».

Pour ceux qui n’ont pas vu mon film ni lu mon livre, je rappelle que l’EMS est une maladie inconnue (« syndrome éosinophilie-myalgie », « EMS » en anglais) qui frappa les consommateurs de la version transgénique du L-Tryptophan, un supplément alimentaire fabriqué par une entreprise japonaise, et causa des dizaines de morts et laissa des milliers de personnes handicapées.
James Maryanski confirma les faits devant ma caméra, et contrairement à ce qu’affirme Marcel Kuntz, on ne sut jamais avec certitude quelle était l’origine de l’EMS, et encore moins en mai 1992...

La mauvaise foi

Concernant l’ « argument numéro 1 » :

Les reproches faits par Marcel Kuntz - selon lesquels j’aurais fait un "contre-sens complet " au sujet du "principe d’équivalence en substance" - sont d’une mauvaise foi absolue.

Ce que démontre mon enquête, avec les témoins clés (James Maryanski de la FDA et Dan Glickman, ancien secrétaire d’Etat à l’agriculture), les documents déclassifiés de la FDA, et les archives audiovisuelles (visite de George Bush, vice-président de Ronald Reagan dans les laboratoires de Monsanto, le 15 mai 1987) :

1) le « principe d’équivalence en substance » ne repose sur aucune donnée scientifique mais sur une « décision politique » de la Maison Blanche, destinée à favoriser, au plus vite, la mise sur le marché des OGM, en permettant que les produits issus des biotechnologies échappent aux tests sanitaires ou environnementaux.

2) ce principe d’équivalence en substance était vivement critiqué par les propres scientifiques de la FDA qui pensaient, au contraire, que le processus de manipulation génétique pouvait entraîner des « risques spécifiques » et recommandaient donc que les OGM soient minutieusement testés avant leur mise sur le marché, mais ils n’ont pas été écoutés.

3) effectivement, ce « principe a évolué depuis l’origine », puisque le Codex alimentarius de l’ONU recommande depuis ... 2000 qu’il soit considéré comme une « étape ». Mais c’était quatre ans après la mise sur le marché du soja roundup ready, qui recouvre aujourd’hui des millions d’hectares !

4) les chercheurs européens ont brillé par leur silence quand ce principe a été introduit, sous la houlette de la FDA et de Monsanto, au début des années 1990, à l’OMS, la FAO et l’OCDE, alors qu’aucun OGM n’était encore cultivé.

Dans un l’extrait d’un mémorandum adressé par le docteur Linda Kahl, chargée de synthétiser les remarques des scientifiques de la FDA par rapport au principe d’équivalence en substance, à James Maryanski. On peut y lire : "les processus de manipulation génétique et de croisement traditionnel sont différents et ils conduisent à des risques différents".

La réécriture de l’histoire

Concernant l’« argument N°2 » :

Quand M. Kuntz dénigre la qualité scientifique des travaux du « lanceur d’alerte » Arpad Pusztai, il réécrit cette affaire.
J’y ai, en tout cas, consacré de nombreuses pages dans mon livre (chapitre 9). Ce qui est troublant dans cette affaire, c’est le volte-face de l’Institut Rowett (deux témoins rapporteront les pressions exercées sur son directeur par « Tony Blair et Clinton » pour qu’il arrête l’étude sur les pommes de terre transgéniques ; encore une fois : de quoi a-t-on peur ?), la mise à l’écart brutale du chercheur, le démantèlement inexpliqué de l’équipe de recherche, la campagne de dénigrement absolument inhabituelle de la Royal Society.
Contrairement à ce qu’affirme M. Kuntz, vingt scientifiques internationaux ont soutenu les résultats d’Arpad Pusztai qui « montraient très clairement que les pommes de terre transgéniques avaient des effets significatifs sur la fonction immunitaire des rats ».

- Concernant l’« argument N°3 » : là encore, contestant les critiques que je rapporte à une étude de chercheurs de Monsanto publiée en 1996 et prétendant prouver l’innocuité d’un soja transgénique, M. Kuntz fait preuve d’une mauvaise foi absolue quand il affirme que cette étude « n’a été contestée par aucun spécialiste du domaine ».

Le fait qu’une étude soit publiée dans une « revue scientifique de référence » et « peer reviewed » n’est malheureusement pas la preuve qu’elle est sérieuse ! C’est ce que j’ai eu la tristesse de découvrir pendant mon enquête. Exemple : l’étude publiée dans Science en août 1990 par deux scientifiques de la FDA, qui voulaient justifier la mise sur le marché de l’hormone de croissance laitière de Monsanto. Une publication de dix pages, dont le principal relecteur était l’un des chercheurs payés par Monsanto pour mener des études sur les vaches ! Plus tard, on découvrira que des données capitales avaient été cachées par les auteurs !

Et que dire de Richard Doll, un cancérologue éminent qui eut le courage de s’attaquer aux fabricants de tabac, en montrant les liens entre le tabagisme et le cancer du poumon.
En 1981, Sir Richard Doll avait publié un article très cité sur l’épidémiologie du cancer, dans lequel il affirmait que les causes environnementales jouent un rôle très limité dans la progression de la maladie …
Seulement voilà : la légende a volé en éclats en 2006, lorsque The Guardian révéla que l’honorable Sir Doll avait travaillé secrètement pour Monsanto pendant vingt ans !

Parmi les archives qu’il avait déposées en 2002 dans la bibliothèque du Welcome Trust, figurait une lettre, datée du 29 avril 1986, avec l’en-tête de la firme de Saint-Louis.

Rédigée par William Gaffey, un scientifique de Monsanto, auteur d’ études manipulées sur la dioxine, (et dûment publiées dans des revues scientifiques de référence, "peer reviewed, etc) elle confirmait le renouvellement du contrat à raison de 1 500 dollars par jour [1]...

S’agissant du Pr. Ian Pryme, dont M. Kuntz conteste les critiques, je livre ici l’extrait de mon interview, tel que je l’ai publié dans mon livre, ainsi que ma rencontre avec Manuela Malatesta, qui a eu la mauvaise idée de répéter, dans des conditions rigoureuses, l’étude conduite par Monsanto sur des rats, poulets, poissons et vaches laitières.

Je rappelle qu’en 2003, Ian Pryme et un collègue danois, le Pr. Rolf Lembcke (aujourd’hui décédé) ont analysé les (rares) études toxicologiques conduites sur les aliments transgéniques.

EXTRAIT :

« Nous avons été très surpris de découvrir qu’il n’y avait que dix études recensées dans la littérature scientifique, m’explique Ian Pryme, c’est vraiment très peu au regard de l’enjeu.

- Comment l’expliquez-vous ?

- D’abord, il faut savoir qu’il est très difficile de se procurer des échantillons des matériaux transgéniques parce que les firmes en contrôlent l’accès. Elles exigent une description détaillée du projet de recherche, et elles sont très réticentes à fournir leurs OGM à des scientifiques indépendants pour qu’ils les testent. Quand on insiste, elles évoquent le « secret commercial ».
Par ailleurs, il est très difficile d’obtenir des financements pour conduire des études sur les effets à long terme des aliments transgéniques. Avec des collègues provenant de six pays européens, nous avons demandé des fonds à l’Union européenne qui a refusé sous prétexte que les compagnies avaient déjà conduit elles-mêmes ce genre d’études…
- Que dire de l’étude conduite par Monsanto sur les rats, poulets, poissons et vaches laitières ?

- Elle est très importante parce qu’elle a servi de base au principe d’équivalence en substance et elle explique, en partie, l’absence d’études complémentaires.
Mais je dois dire qu’elle est très décevante d’un point de vue scientifique. Si on m’avait demandé de la relire avant publication, je l’aurais rejetée, car les données fournies sont trop insuffisantes. Je dirais même que c’est de la mauvaise science…

- Avez-vous essayé de vous procurer les données brutes de l’étude ?
– Oui, mais malheureusement, Monsanto a refusé de les communiquer au motif qu’elles étaient couvertes par le secret commercial…
C’est la première fois que j’entendais un tel argument concernant les données d’une recherche… Normalement, dès qu’une étude est publiée, n’importe quel chercheur peut demander à consulter les données brutes, pour répéter l’expérience et contribuer au progrès scientifique. Le refus de Monsanto donne immanquablement l’impression que la firme a quelque chose à cacher : soit que les résultats ne sont pas suffisamment convaincants, soit qu’ils sont mauvais, soit que la méthodogie et le protocole utilisés ne sont pas suffisants pour résister à une analyse scientifique rigoureuse.
Pour faire notre étude, nous avons donc dû nous contenter du résumé fourni par la firme aux agences de réglementation. Et il y a des choses très troublantes.
Par exemple, à propos de l’étude sur les rats, les auteurs écrivent : ‘ À part leur couleur marron foncée, les foies paraissaient normaux lors de la nécropsie… cette couleur n’est pas considérée comme étant liée à la modification génétique ‘. Comment peuvent-ils prétendent cela, sans faire des sections des foies et les observer au microscope pour être sûrs que cette couleur marron foncée est normale ! Manifestement, ils se sont contentés d’une évaluation oculaire des organes, ce n’est pas une manière scientifique de conduire une étude post-mortem !
De même, les auteurs indiquent que ‘ les foies, les testicules et les reins ont été pesés ‘ et que ‘ plusieurs différences ont été observées’, mais qu’elles ne furent ‘pas considérées comme étant liées à la manipulation génétique’…
Encore une fois, comment peuvent-ils affirmer cela ? Manifestement, ils n’ont pas analysé les intestins ni les estomacs, ce qui constitue une faute très grave dans une étude toxicologique. Ils disent aussi que quarante tissus ont été prélevés, mais on ne sait pas lesquels ! D’ailleurs, je ne connais que vingt-trois tissus répertoriés, comme la peau, les os, la rate, la thyroïde, quels sont les autres ?

De plus, les rats utilisés pour l’expérience avaient huit semaines : ils étaient trop vieux ! D’habitude, pour une étude toxicologique, on utilise de jeunes cobayes, pour voir si la substance testée a un impact sur le développement de leur organisme qui est en pleine croissance. Le meilleur moyen de cacher des effets nocifs éventuels c’est d’utiliser des cobayes âgés, d’autant plus que, malgré les anomalies constatées, l’étude n’a duré que vingt-huit jours, ce qui n’est pas suffisant…

Le dernier paragraphe du texte résume bien l’impression générale : ‘ Les études toxicologiques fournissent une certaine assurance qu’aucun changement majeur ne s’est produit avec le soja modifié génétiquement… ‘ Je ne veux pas une ‘ certaine assurance ‘, mais une assurance à 100 % ! En fait, quand on sait que cette étude a justifié l’introduction des OGM dans la chaîne alimentaire, on ne peut qu’ être inquiets… Mais que faire ? Regardez ce qui est arrivé récemment à ma collègue Manuela Malatesta… »

La peur de Monsanto

EXTRAIT (chapitre 8)

J’ai rencontré Manuela Malatesta, le 17 novembre 2006, à l’Université de Pavie en Italie.
Elle était encore traumatisée par l’expérience qu’elle venait de vivre qui l’avait contrainte à quitter l’université d’Urbino où elle avait travaillé pendant plus de dix ans. « Tout ça à cause d’une étude sur les effets du soja transgénique », me dit-elle avec un soupir.

En effet, la jeune chercheuse a fait ce que personne n’avait fait : répéter l’étude toxicologique conduite dix ans plus tôt par Monsanto.
Avec son équipe, elle a nourri un groupe de rats avec une diète habituelle (groupe contrôle) et un autre groupe avec la même diète à laquelle avait été ajouté du soja Roundup ready (groupe expérimental). Pris dès le sevrage, les cobayes ont été suivis jusquà leur mort (en moyenne deux ans plus tard).
« Nous avons étudié les organes des rats au microscope électronique, m’explique Manuela Malatesta, et nous avons constaté des différences statistiquement significatives notamment dans les noyaux des cellules du foie des rats nourris avec du soja transgénique. Tout semble indiquer que les foies avaient une activité physiologique plus élevée. Nous avons trouvé des modifications similaires dans les cellules du pancréas et des testicules.

- Comment expliquez-vous ces différences ?

- Malheureusement, nous aurions aimé poursuivre ces études préliminaires, mais nous n’avons pas pu, car les financements se sont arrêtés… Nous n’avons donc que des hypothèses : les différences peuvent être dues à la composition du soja ou aux résidus de roundup. Je précise que les différences que nous avons constatées ne sont pas des lésions, mais la question est de savoir quel rôle biologique elles peuvent avoir à long terme, et pour cela il faudrait développer une autre étude…

- Pourquoi ne le faites vous pas ?

- Ah ! murmure Manuela Malatesta, en cherchant ses mots. Actuellement, la recherche sur les OGM est un sujet tabou… On ne trouve pas d’argent pour cela. Nous avons tout fait pour trouver un complément de financement, mais on nous a répondu que, comme dans la littérature scientifique, il n’y avait pas de données qui prouvent que les OGM provoquent des problèmes, il était donc totalement inutile de travailler là-dessus.
On ne veut pas trouver de réponses aux questions qui gênent… C’est le résultat de la peur diffuse qu’il y a de Monsanto et des OGM en général… D’ailleurs, quand j’ai parlé des résultats de l’étude à certains de mes collègues, ils m’ont vivement déconseillée de les publier, et ils avaient raison, car j’ai tout perdu… mon laboratoire, mon équipe, j’ai dû recommencer à zéro dans une autre université grâce à un collègue qui m’a soutenue…

- Est-ce que les OGM vous inquiètent ?

- Aujourd’hui, oui ! Pourtant au début j’étais persuadée qu’ils ne posaient pas de problème, mais maintenant les secrets, les pressions et la peur qui les entourent, me font douter »…

Les "failles" de l’étude de Monsanto sur la composition organique du soja Roundup Ready

S’agissant de l’étude (publiée en 1996 dans The Journal of Nutrition) conduite par Stephen Padgette, un chercheur de Monsanto, aujourd’hui vice-président de la firme, je m’y suis également intéressée de très près, pas dans mon film, mais dans mon livre (chapitre 8).
Je rappelle qu’elle visait à montrer que la composition en « nutriments et antinutriments » du soja Roundup ready était « similaire » à celle du soja conventionnel. Voici ce que j’ai découvert :

EXTRAIT

C’est précisément pour en avoir le coeur net que Marc Lappé (aujourd’hui décédé) et sa collègue Britt Bailey ont décidé de répéter l’expérience menée par Stephen Padgette.

« Pour notre étude, m’explique Britt Bailey, que j ‘ai rencontée à San Francisco en octobre 2006, nous avons planté des graines de soja Roundup ready, ainsi que des graines issues des lignées conventionnelles d’origine, la seule différence étant la présence du gène Roundup ready dans les graines de Monsanto. Je précise que nous avons réalisé les cultures dans des sols strictement identiques avec les mêmes conditions climatiques pour les deux groupes. Les pousses de soja transgénique ont été aspergées de Roundup, en respectant les recommandations de Monsanto. En fin de saison, nous avons récolté les grains issus des deux groupes et nous avons comparé leur composition organique.

- Quels furent les résultats ?

- Nos analyses ont montré des différences importantes entre le soja Roundup ready et le soja conventionnel, et notamment un niveau d’isoflavones, et donc de phytoestrogènes, de 12 % à 14 % moins élevé, ce qui prouve clairement que la composition du soja Roundup ready n’est pas équivalente au soja conventionnel. Nous avons envoyé nos données à la FDA, mais elle ne nous a jamais répondu…

- Comment a réagi Monsanto ?

- Nous avons proposé notre étude au Journal of Medicinal Food qui l’a donc soumise à des relecteurs. Elle a été acceptée et sa publication a été fixée au 1er juillet 1999 . Curieusement, une semaine avant la publication, alors que selon l’usage l’article était encore sous embargo, l’Association américaine du soja, connue pour ses liens avec Monsanto, a publié un communiqué de presse affirmant que notre étude n’était pas rigoureuse. Nous n’avons jamais su d’où venait la fuite… »

J’ai retrouvé le communiqué de l’association (dont je rencontrerai bientot le vice-président), sur le site britannique de… Monsanto, qui en présente une version française ! « L’ASA a foi dans les analyses de soja Roundup ready menées par les services de tutelle aux États-Unis et dans le monde et aux études scientifiques qui les étayent et qui montrent une équivalence entre le soja Roundup ready et le soja classique… », y est-t-il écrit dans une langue de bois qui égratigne un peu la langue de Voltaire ...
« Comment expliquez-vous que Monsanto ait conclu que les deux sojas étaient équivalents ?, demandé-je.

- Je pense que la faille principale de leur étude, c’est qu’ils n’ont pas arrosé les grains avec du Roundup, ce qui invalide complètement l’étude car le soja Roundup ready est fait pour être arrosé d’herbicide !
- Comment le savez-vous ?

- Grâce à une étourderie du service juridique de Monsanto ! »
Et Britt Bailey de me montrer une lettre adressée par Tom Carrato, l’un des avocats de Monsanto, à Vital Health Publishing, un éditeur qui était alors sur le point de publier un livre qu’elle avait écrit avec Marc Lappé sur les OGM. 
À dire vrai, ce courrier daté du 26 mars 1998, fait froid dans le dos tant il en dit long, encore une fois, sur les pratiques de la firme.
Après avoir expliqué qu’il avait été informé de l’imminence de la publication dans un article du Winter Coast Magazine, le conseil écrit, avec une assurance déconcertante : « Les auteurs du livre prétendent que le Roundup est toxique. Que veulent-ils dire par ‘toxique ‘ ? Chacun sait que toute substance, qu’elle soit synthétique ou naturelle, est capable d’être toxique à une certaine dose. […] Quiconque a bu plusieurs tasses de café ou observé une personne boire de l’alcool sait que tout est affaire de dose et de seuil à ne pas dépasser. […] Ces erreurs doivent être corrigées avant la publication parce qu’elles […] dénigrent et diffament potentiellement le produit. »
Un peu plus loin, Tom Carrato défend l’étude réalisée par Stephen Padgette et fait, en effet, un bel aveu : « Les tests menés sur du soja Roundup ready non pulvérisé ne montrent aucune différence dans les niveaux d’oestrogène. Les résultats ont été publiés dans un article relu par des pairs dans le Journal of Nutrition en janvier 1996 . »
« En tout cas, la lettre a été efficace, soupire Britt Bailey, car notre éditeur a renoncé à publier notre livre, et nous avons dû en chercher un autre ...

- Savez-vous si les résidus de Roundup que l’on trouve immanquablement sur le soja transgénique ont été évalués, d’un point de vue sanitaire ?, demandé-je.

- Jamais ! En écrivant notre livre, nous avons découvert qu’en 1987 le niveau de résidus de glyphosate autorisé sur les grains de soja était de six parts par milliard. Et puis bizarrement en 1995, un an avant la mise sur le marché du soja Roundup ready, le niveau permis par la FDA est passé à vingt ppm.
J’ai parlé avec Phil Errico, le directeur du département glysophate à l’EPA, et il m’a dit : ‘ Monsanto nous a fourni des études qui montraient que 20 ppm ne posaient pas de risque pour la santé et le niveau autorisé a été changé’. Bienvenue aux États-Unis ! »
Pour être honnête, l’Europe ne vaut guère mieux : d’après une information publiée par Pesticides News, en septembre 1999, en réponse à l’importation du soja transgénique américain, la communauté européenne a multiplié par deux cents le taux de résidu de glyphosate autorisé en le portant de 0,1 mg/kg à 20 mg/kg…

L’échec du coton BT en Inde et en Chine

Concernant l’« argument numéro 4 », où M. Kuntz met en cause la pertinence de mon enquête sur les dégâts du coton transgénique Bt en Inde : j’ai déjà répondu à cet argument dans le message intitulé « Inde ».
Je note que M. Kuntz cite, sans sourciller, les chiffres de l’ISAAA, un institut financé notamment par Monsanto, ainsi que le révélait récemment Le Monde…

Par ailleurs, comme je le rapporte dans mon livre (chapitre 15), les belles promesses du coton BT sont en train de tourner au cauchemar, ainsi que le montre une étude conduite , en 2006, par des chercheurs de l’Université Cornell (Etats Unis) en collaboration avec l’académie chinoise de la science.

Considérée comme la « première étude sur l’impact économique à long terme du coton BT », celle-ci a été conduite auprès de 481 producteurs d’OGM de Chine, parmi les cinq millions que compte le pays.
Elle constate que les « profits substantiels engrangés pendant quelques années grâce à une économie sur les pesticides sont maintenant érodés ».

En effet, écrivent les auteurs, si, pendant les trois ans qui ont suivi l’introduction des cultures BT, les paysans étaient parvenu à « réduire de 70% leur usage de pesticides et à augmenter de 36 % leurs gains », en revanche, en 2004, « ils ont dû pulvériser autant d’insecticides que les producteurs conventionnels, ce qui s’est traduit par un revenu net moyen inférieur de 8% à celui des producteurs conventionnels parce que le coût des semences est trois fois plus élevé ».
Enfin, au bout de sept ans, « les populations d’insectes (...) ont tellement augmenté que les paysans doivent asperger leurs cultures jusqu’à vingt fois au cours d’une saison pour pouvoir les contrôler ».
La conclusion des auteurs qui, par ailleurs sont des supporters des OGM, est sans appel : « Ces résultats constituent un signal d’alerte très fort en direction des chercheurs et des gouvernements qui doivent trouver des solutions pour les producteurs de coton BT, faute de quoi ceux-ci arrêteront les cultures transgéniques, ce qui serait très dommage "...

Le summum de la mauvaise foi

Concernant l’« argument numéro 5 », où M. Kuntz met en cause les travaux d’Ignacio Chapela sur la présence de maïs OGM au Mexique, je dois dire qu’on atteint là le summum de la mauvaise foi.

Les travaux du Pr. Chapela n’ont pas « été contredits par d’autres », mais bel et bien confirmés, ainsi que je l’explique longuement dans mon livre.

M. Kuntz ignore aussi superbement la campagne de diffamation lancée contre le chercheur de Berkeley sur Internet par de faux scientifiques créés de toutes pièces par Monsanto, ainsi que je l’ai déjà expliqué dans mon message « appel à la vigilance » (rubrique « les nouvelles de la toile »).
Ce qui prouve, que la « firme n’a aucune envie de convaincre avec des arguments » et qu’« elle est prête à tout pour imposer ses produits partout dans le monde, y compris à détruire la réputation de tous ceux qui peuvent lui faire obstacle… »,comme me l’a dit Jonathan Matthew, qui a découvert les « méthodes très sales de Monsanto ».

Par ailleurs, si le Pr. Chapela a été si vivement attaqué, c’est surtout pour la deuxième découverte que livrait son étude, ainsi qu’il me l’a expliqué, lorsque je l’ai rencontré à San Francisco.

EXTRAIT :

« Le deuxième point de notre étude était beaucoup plus sérieux pour Monsanto et consorts. En effet, en cherchant où étaient localisés les fragments d’ADN transgénique, nous avons constaté qu’ils s’étaient insérés à différents endroits du génome de la plante, de manière complètement aléatoire. Cela signife que, contrairement à ce qu’affirment les fabricants d’OGM, la technique de manipulation génétique n’est pas stable, puisqu’une fois que l’OGM se croise avec une autre plante, le transgène éclate et s’insère de manière incontrôlée. Les critiques les plus virulentes se sont surtout concentrées sur cette partie de l’étude, en dénonçant notre incompétence technique et notre manque d’expertise pour pouvoir évaluer ce genre de phénomène. »

Le fait que les « transgènes soient instables a des « implications graves », commente Science, « étant donné que le comportement d’un gène dépend de sa place dans le génome, l’ADN déplacé pourrait créer des effets absolument imprévisibles ».
« Cela sape la prémisse fondamentale selon laquelle la manipulation génétique est une science sûre et exacte », renchérit le journaliste du East Bay Express…

Je note que la découverte du Pr. Chapela était confirmée, à peu près au même moment, par Marc de Loose, un chercheur belge, qui a découvert un « fragment d’ADN inconnu dans une variété de soja génétiquement modifié de Monsanto », preuve que la manipulation est tout sauf une « science exacte » [2]

Quant au « militant anti-OGM » mexicain qui s’exprime dans mon film, s’il l’est devenu c’est tout à fait par hasard : c’est parce qu’il a été contacté par des paysans indiens, inquiets de voir subitement des « maïs bizarres » dans leurs champs, qu’il a décidé de faire tester les « monstres » : ceux-ci ont révélé qu’ils contenaient un transgène, dû au croisement d’un maïs transgénique avec un maïs traditionnel…

En guise de conclusion :

Les arguments pseudo-scientifiques de M.Kuntz visent à noyer le lecteur pour semer le doute sur ma capacité à comprendre réellement le sujet que je traite. C’est ce que j’appelle de l’arrogance.
Je n’ai certes pas de doctorat en biologie, mais un bac scientifique (série C) qui m’a amplement suffi pour assimiler la matière , de saisir les enjeux et poser les bonnes questions.
Surtout, loin de commenter le film, M. Kuntz botte systématiquement en touche, en ignorant avec une malhonnêteté stupéfiante, ce que disent réellement les interlocteurs de mon film.





[1« Renowned cancer scientist was paid by chemical firm for 20 years », The Guardian, 8/12/2006 ; L. Hardell , MJ walker, B. Wahljalt, LS Friedman et ED Richter, « Secret ties to industry and conflicting interests in cancer research, American Journal of Industrial Medecine , 3/11/2006

[2Le Monde, 19/8/2001